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Permis boîte automatique : formation courte et passerelle

4 juillet 2026 24 min de lecture Mis a jour 4 juillet 2026

En bref

  • Permis boîte automatique (B78) : même permis B, mais limité aux véhicules à conduite automatique, avec mention du code 78.
  • Formation courte : minimum légal de 13 heures de conduite (contre 20 h en boîte manuelle), avec possible usage du simulateur doublé depuis 2024.
  • Passerelle 7 h : une formation spécifique permet de changer de permis de B78 vers B sans repasser l’examen pratique.
  • Budget moyen : autour de 1 040 € en 2026 pour un forfait permis boîte automatique, variable selon les régions et les auto-écoles.
  • Réglementation 2024 : suppression de l’ancien délai de 3 mois avant la passerelle, possibilité de conduire en manuel 4 mois en attendant la nouvelle mention, adaptation de la durée au-dessus de 7 h si nécessaire.
  • CPF mobilisable pour la formation initiale en B78, mais pas pour un simple passage d’un véhicule manuel vers auto.
  • Taux de réussite au permis B automatique inférieur au global, mais lié surtout au profil des candidats, pas à une difficulté technique accrue.

Permis boîte automatique B78 : définition, règles et impacts concrets

Le permis boîte automatique est juridiquement un permis B comme les autres, mais assorti d’une restriction. Cette limitation apparaît sous la forme du code 78, qui signifie que le conducteur est autorisé uniquement à la conduite automatique, sur des véhicules à changement de vitesses automatique ou à embrayage automatique. Sur le titre au format européen, ce code figure dans la colonne des restrictions, en face de la catégorie B.

Concrètement, un titulaire du permis B78 n’a pas le droit de conduire un véhicule équipé d’une boîte manuelle. Louer une petite citadine manuelle, dépanner un proche avec son utilitaire ou prendre le volant d’une voiture d’entreprise en boîte mécanique n’est pas autorisé, même si le conducteur « sait faire ». En cas de contrôle, les forces de l’ordre regardent le code 78, pas le niveau de maîtrise technique.

Cette restriction ne concerne que la catégorie B. Si le conducteur obtient plus tard un permis A2 pour la moto ou une autre catégorie, la limitation de type 78 ne s’applique pas automatiquement à ces nouveaux permis. Chaque catégorie est indépendante, ce qui évite des confusions fréquentes lors des contrôles.

Le contexte automobile a profondément changé en France. Selon les données diffusées par plusieurs observateurs du marché, la part des véhicules à boîte automatique dépasse désormais la moitié des ventes neuves, avec des projections qui évoquent près de 85 % de voitures neuves en automatique d’ici 2030. Avec la généralisation de l’hybridation et de l’électrique, la pédale d’embrayage recule mécaniquement, ce qui réduit l’impact pratique de la restriction pour beaucoup de conducteurs urbains.

Le permis B78 reste toutefois une limitation à fort enjeu juridique. Conduire un véhicule manuel avec un permis limité à l’automatique est assimilé à de la conduite sans la catégorie de permis adaptée. La situation expose à une amende de 4ᵉ classe, un retrait de points et peut entraîner l’immobilisation du véhicule. En cas d’accident corporel, la discussion avec l’assureur devient immédiatement complexe et justifie l’accompagnement par un avocat spécialisé en droit routier.

Le débat ne se limite donc pas à une question de confort. Avant de s’engager, un candidat doit mesurer l’impact concret de la mention B78 sur ses usages : véhicule personnel déjà en automatique, parc de voitures disponibles dans son entreprise, fréquence de la location en vacances ou à l’étranger, ou besoin de conduire ponctuellement un véhicule utilitaire de location.

Pour certains profils, la restriction pèse très peu. Un conducteur qui vit en grande agglomération et prévoit d’acheter un hybride automatique récent ou d’utiliser l’autopartage trouvera dans le B78 une réponse cohérente à son projet. Pour d’autres, notamment ceux qui empruntent souvent des voitures diverses, la limitation sera perçue comme un frein inutile. C’est précisément pour gérer ces situations qu’existe la passerelle 7 h, détaillée plus loin.

Dernier point clé, le permis B78 donne droit à la même période probatoire qu’un permis B classique : 3 ans en filière traditionnelle, 2 ans en conduite accompagnée, avec un capital initial de 6 points et une montée progressive jusqu’à 12 points si aucune infraction ne vient interrompre le processus. Le type de boîte ne change strictement rien aux règles de points ni aux sanctions.

Formation courte du permis boite automatique et passerelle vers boite manuelle

Formation courte en conduite automatique : 13 heures, déroulé et impact de la réforme 2024

La grande particularité du permis boîte automatique tient à sa formation courte. Le minimum légal de conduite est fixé à 13 heures, contre 20 heures pour le permis B sur boîte manuelle. Cette différence est encadrée par la réglementation nationale, qui prend acte du fait que la gestion de l’embrayage et des vitesses disparaît, ce qui simplifie fortement l’apprentissage.

La formation commence toujours par une évaluation de départ en auto-école. Cette évaluation obligatoire permet d’estimer un volume prévisionnel d’heures et de vérifier que l’option automatique correspond bien au profil du candidat. L’évaluation peut se dérouler sur route, sur simulateur ou via un dispositif mixte. Le résultat ne peut en aucun cas descendre sous les 13 heures en B78, même pour un conducteur déjà très à l’aise.

Dans une séance type, les premières heures sont consacrées à la prise en main du véhicule : réglages du poste de conduite, utilisation du sélecteur de vitesses (P, R, N, D, modes manuels ou séquentiels le cas échéant), gestion des démarrages et des arrêts sans calage. L’absence de pédale d’embrayage libère rapidement de la charge mentale. Les difficultés classiques sur boîte manuelle — démarrages en côte, gestion du point de patinage, calages à répétition — disparaissent.

Les heures suivantes basculent rapidement sur la circulation réelle. Le moniteur concentre l’enseignement sur l’observation, la lecture de la signalisation, la gestion des priorités et la prise de décision. L’apprentissage simplifié sur le plan mécanique permet de consacrer davantage de temps aux thèmes qui pèsent réellement dans la grille d’évaluation de l’épreuve pratique : anticipation, adaptation de la vitesse, trajectoires et respect du code de la route.

La réforme de 2024 a modifié deux paramètres importants. D’abord, elle a doublé le volume d’heures réalisables sur simulateur en B78. Les premières séquences de conduite automatique peuvent se dérouler en environnement simulé, ce qui limite le stress du débutant et réduit parfois les dégâts matériels lors des tous premiers contacts avec le véhicule. Ensuite, le texte a prévu la possibilité d’allonger la durée de la formation de 7 h de passerelle lorsque les objectifs ne sont pas atteints, ce qui montre la volonté de coller au niveau réel plutôt qu’à un chiffre figé.

Un candidat typique en B78 réalise en pratique entre 15 et 20 heures avant présentation à l’examen, même si le minimum reste de 13. La réduction du nombre d’heures obligatoires se traduit donc par une économie, mais celle-ci reste encadrée par le sérieux pédagogique de l’enseignant. Présenter un élève mal préparé sous prétexte qu’il a « consommé son forfait » ne rend service à personne, surtout dans un contexte où les délais d’attente entre deux présentations peuvent atteindre plusieurs semaines selon les départements.

La formation en conduite automatique se prête bien aux formules intensives. Certains centres proposent des stages regroupant plusieurs heures par jour, avec un examen automatique planifié en fin de session. Cette organisation convient à un candidat disponible sur une courte période, par exemple entre deux contrats de travail ou pendant des vacances universitaires. Elle exige en contrepartie une forte capacité de concentration sur plusieurs jours consécutifs.

La vraie force de cette filière réside dans la simplification mécanique qui permet de se focaliser sur les comportements routiers. Un élève qui n’a pas à surveiller le point de patinage dispose de ressources cognitives supplémentaires pour repérer un passage piéton masqué par un camion, analyser un carrefour complexe ou adapter sa vitesse en entrée de rond-point. Sur la grille d’évaluation de l’examen, ce sont ces comportements qui font réellement la différence.

Passerelle 7 h : comment changer de permis automatique vers manuel après 2024

La passerelle entre le permis B78 et le permis B sans restriction permet de changer de permis sans repasser d’examen pratique. Le dispositif repose sur une formation spécifique de 7 heures minimum en auto-école sur un véhicule équipé d’une boîte manuelle. Depuis la réforme actée par l’arrêté du 15 février 2024, plusieurs verrous ont sauté et le cadre est nettement plus souple pour les conducteurs.

Avant 2024, un délai de 3 mois séparait obligatoirement l’obtention du permis automatique et la possibilité de suivre la passerelle. Ce délai a disparu. Le conducteur peut engager sa formation de passerelle auto-manuel dès qu’il se sent prêt, sans attendre, ce qui est particulièrement utile pour les jeunes actifs qui signent un contrat de travail prévoyant la conduite d’un véhicule de service manuel.

La formation de 7 heures se déroule en deux grandes phases. La première est dédiée à la prise en main de l’embrayage et des rapports de boîte : coordination pied gauche-main droite, démarrages en côte, passages de vitesses montants et descendants, gestion des ralentissements et approches de carrefours. La seconde phase met en situation réelle les acquis sur des parcours variés, avec insertion sur voie rapide ou autoroute, manœuvres complexes et circulation dense.

L’arrêté de 2024 a introduit une souplesse importante : les 7 heures constituent une durée minimale, pas un plafond. Si l’équipe pédagogique considère que le conducteur ne maîtrise pas suffisamment l’embrayage ou présente encore des risques en situation réelle, elle peut prolonger la formation. Ce choix privilégie la sécurité, surtout pour des conducteurs qui n’ont parfois jamais manipulé de boîte mécanique auparavant.

À l’issue de la formation, l’auto-école délivre une attestation de suivi. Ce document atteste de la capacité du conducteur à utiliser une boîte manuelle dans le cadre de la catégorie B. L’étape suivante consiste à demander la mise à jour du titre de conduite via le portail ANTS. L’ancien permis portant le code 78 est alors remplacé par un nouveau titre sans la mention restrictive. Aucun passage devant un inspecteur n’est requis.

La réforme 2024 comporte un autre effet concret souvent mal connu. Pendant une période de 4 mois à compter de la fin de la formation, le conducteur est autorisé à conduire un véhicule à boîte manuelle même si la nouvelle version du permis n’est pas encore matérialisée physiquement. Cette mesure tient compte des délais administratifs de fabrication et d’envoi du titre, parfois longs. L’attestation délivrée par l’école de conduite sert alors de justificatif en cas de contrôle, aux côtés de l’ancien permis.

Le coût moyen d’une passerelle de 7 heures se situe, selon les pratiques observées en 2025 et 2026, entre 300 et 500 € selon les régions et le tarif horaire de l’auto-école. Certains établissements proposent des packages spécifiques « passerelle B78 vers B » qui incluent l’ensemble des démarches administratives. Seules les structures dotées du label qualité du Ministère de l’Intérieur sont autorisées à dispenser cette formation réglementée.

Stratégiquement, beaucoup de candidats utilisent cette passerelle comme un levier de validation rapide. Ils commencent sur boîte automatique pour obtenir le permis plus vite, avec moins de contraintes techniques, puis basculent vers le manuel quelques mois plus tard via les 7 heures de formation. Le coût cumulé reste voisin de celui d’un parcours complet en boîte manuelle classique, mais avec une pression moindre au départ et une expérience de conduite déjà acquise lorsque l’embrayage entre en jeu.

Pour les candidats qui envisagent ce parcours en deux étapes, le choix de l’établissement devient central. Mieux vaut sélectionner dès le départ une auto-école qui propose à la fois le B78 et la passerelle vers boîte manuelle, afin d’éviter de multiplier les interlocuteurs et les frais de dossier. Une discussion claire, en amont, sur le projet global permet de sécuriser le budget et le calendrier.

Coût, aides et choix d’auto-école pour le permis boîte automatique

Sur le plan financier, le permis boîte automatique reste généralement plus accessible que le permis B traditionnel. Les données collectées auprès de réseaux d’écoles de conduite indiquent un tarif moyen d’environ 1 040 € en 2026 pour un forfait intégrant 13 heures de conduite, le suivi administratif et la présentation à l’examen automatique. Les écarts sont toutefois marqués : selon les régions, les offres observées vont de 500 à 1 700 €.

La raison principale de cette différence de coût tient au nombre d’heures de conduite. Avec un minimum légal de 13 h au lieu de 20 h, le candidat économise mécaniquement plusieurs centaines d’euros, puisque chaque heure de conduite est facturée entre 40 et 55 € dans la plupart des structures. Les offres les plus agressives financièrement se limitent parfois au strict minimum réglementaire, ce qui impose une vigilance accrue sur les conditions de facturation des heures supplémentaires.

Pour construire un budget cohérent, il est utile de distinguer les postes de dépense les plus fréquents.

Poste de dépense Coût moyen 2026 Commentaires
Frais de dossier et inscription 100 à 200 € Création du dossier ANTS, gestion administrative, fournitures pédagogiques.
Préparation et examen du code 30 € pour l’examen + 50 à 150 € de préparation Accès plateforme en ligne ou cours en salle, passage de l’ETG.
Formation conduite (13 à 20 h) 500 à 900 € Tarif horaire entre 40 et 55 €, selon le nombre réel d’heures.
Accompagnement à l’examen pratique 100 à 200 € Mise à disposition du véhicule et présence de l’enseignant.
Passerelle 7 h vers boîte manuelle (optionnelle) 300 à 500 € Forfait spécifique sur véhicule manuel, sans nouvel examen pratique.

Pour approfondir la question du budget global et comparer avec la filière manuelle, un dossier dédié sur les prix du permis et le budget complet permet de situer le B78 dans l’ensemble des formules disponibles, y compris en candidat libre ou via une auto-école en ligne.

Côté financement, le Compte personnel de formation (CPF) peut être mobilisé pour une formation initiale au permis B78, à condition que le projet soit lié à un objectif professionnel. En revanche, utiliser le CPF uniquement pour passer d’un véhicule manuel à un véhicule automatique, sans changement de catégorie ou de mention sur le permis, n’entre pas dans le cadre admis par les textes en vigueur. Le candidat doit donc vérifier soigneusement les conditions d’éligibilité de l’offre référencée.

Le choix de l’auto-école joue un rôle déterminant dans la réussite et dans le respect du budget annoncé. Quelques critères factuels permettent de trier les offres :

  • La présence du label « École conduite qualité », signe d’un engagement sur la pédagogie et la transparence tarifaire.
  • L’état du parc de véhicules en conduite automatique : modèles récents, entretien suivi, équipements de sécurité à jour.
  • La transparence sur le taux de réussite local au permis B78 et sur le volume moyen d’heures avant succès.
  • La capacité à proposer, au même endroit, la formation B78 et la passerelle 7 h pour éviter les ruptures de parcours.

L’implantation géographique influe aussi sur le coût global. Une école en hypercentre d’une grande métropole facture souvent ses prestations plus cher qu’un établissement en périphérie, mais peut proposer davantage de créneaux de passage à l’examen grâce à un volume d’activité plus important. Le candidat doit arbitrer entre le budget pur et le temps d’attente pour la date d’épreuve, surtout lorsqu’il a un impératif professionnel.

Dans ce contexte, la réduction du nombre minimal d’heures et la possibilité d’organiser la formation en stage court font du B78 une option souvent rentable pour les candidats pressés ou disposant d’un budget contraint, à condition de garder en tête la possibilité d’investir ensuite dans la passerelle si la conduite en boîte manuelle devient nécessaire.

Examen pratique en boîte automatique, taux de réussite et conduite accompagnée

L’examen automatique pour la catégorie B78 se déroule sur la même base que l’épreuve pratique du permis B classique. La durée de l’épreuve est identique, autour de 32 minutes, avec un parcours en circulation comprenant des manœuvres, une phase de conduite autonome, un test de vérifications et des questions sur la sécurité routière. L’inspecteur utilise la même grille nationale d’évaluation, qu’il s’agisse d’un véhicule manuel ou automatique.

La seule différence tient au véhicule utilisé. L’épreuve se déroule sur une voiture équipée d’une boîte de vitesses automatique à double commande, fournie par l’auto-école. Le candidat est jugé sur la maîtrise des commandes disponibles : gestion de la pédale d’accélérateur et du frein, usage correct du sélecteur de vitesses, adaptation de la vitesse à l’environnement et à la signalisation, respect des distances de sécurité. L’absence de pédale d’embrayage n’allège pas la grille de notation sur les autres points.

Le barème reste le même : l’obtention du permis suppose d’atteindre au moins 20 points sur 31, sans commettre de faute éliminatoire. Les erreurs techniques sont tolérées tant qu’elles n’induisent pas de risque pour la sécurité. Dans la majorité des échecs observés, la cause principale réside dans une accumulation de petites erreurs de perception et de gestion des priorités davantage que dans une mauvaise utilisation de la boîte automatique.

Les chiffres de réussite du permis B78 sont régulièrement interprétés de travers. Les bilans publiés par la Délégation à la Sécurité routière montrent un taux de réussite inférieur à celui de l’ensemble du permis B. Cette différence s’explique principalement par le profil des candidats : la filière automatique accueille une part importante de conducteurs en situation de handicap, de personnes plus âgées ou d’élèves ayant rencontré des difficultés en filière manuelle, ce qui pèse sur la statistique globale.

Pour un candidat jeune, en bonne condition physique, bien préparé et formé dès le départ sur une boîte automatique, la simplification mécanique reste un avantage net. L’absence de calages au démarrage, la gestion facilitée des embouteillages et la moindre fatigue physique permettent de concentrer l’attention sur les priorités, les angles morts et la prise d’informations latérales, qui constituent le cœur de la notation.

Le B78 est compatible avec la conduite accompagnée. Un élève peut débuter son apprentissage en conduite accompagnée sur un véhicule équipé d’une boîte automatique, à condition que le véhicule de l’accompagnateur soit lui aussi en boîte auto. Cette configuration est particulièrement intéressante pour les familles déjà équipées d’un hybride ou d’un véhicule récent automatique, qui souhaitent optimiser la durée d’expérience avant l’examen.

La filière accompagnée sur boîte automatique cumule plusieurs avantages. Elle permet d’allonger la durée d’apprentissage en conditions réelles, ce qui réduit le nombre d’heures en école de conduite et améliore statistiquement la réussite. Elle limite également la fatigue du jeune conducteur sur les longs trajets, la gestion de l’embrayage en montagne ou en circulation dense ayant souvent été une source d’appréhension pour les accompagnateurs.

Quelle que soit la filière choisie (traditionnelle, conduite accompagnée, stage intensif), la logique d’évaluation reste identique. L’inspecteur se pose toujours la même question : le candidat peut-il, à ce stade, être lâché seul sur la route sans faire courir de risque disproportionné à lui-même et aux autres usagers ? La boîte de vitesses n’est qu’un moyen parmi d’autres d’atteindre cette autonomie.

Pour transformer la réussite à l’examen en conduite sereine au quotidien, le choix du véhicule utilisé juste après l’obtention du permis compte autant que l’épreuve elle-même. Un conducteur fraîchement diplômé sur B78 qui passe brutalement sur un crossover lourd en ville avec aides à la conduite désactivées se met en difficulté. Commencer sur un modèle de gabarit proche de celui de l’auto-école, bien équipé en aides actives, permet une transition plus douce.

Strategie de parcours : pour qui le permis automatique est pertinent et comment l’exploiter

Le permis boîte automatique n’est ni une solution miracle ni une filière dévalorisée. C’est un outil adapté à certains profils et à certains projets de mobilité. La décision de passer directement en B78, de viser la passerelle plus tard ou de rester sur une boîte manuelle doit s’appuyer sur quelques questions structurantes.

Premier critère, le type de véhicule utilisé à moyen terme. Un candidat qui sait déjà qu’il conduira principalement une citadine électrique de fonction, un hybride familial ou une voiture personnelle récente en automatique bénéficie pleinement des avantages de la filière B78 : formation courte, coût moindre, validation rapide et moindre fatigue sur les trajets quotidiens. Dans ce cas, investir dans l’apprentissage de la boîte manuelle n’a pas de valeur ajoutée immédiate.

Deuxième critère, le contexte professionnel et familial. Un apprenti amené à conduire régulièrement des véhicules d’entreprise non renouvelés, souvent encore en boîte manuelle, devra anticiper la formation de 7 h pour ne pas se retrouver bloqué sur un poste nécessitant le permis B sans restriction. De même, une famille possédant uniquement des véhicules manuels risque de limiter fortement l’usage du B78 par le jeune conducteur, ce qui réduit l’intérêt de la filière si la passerelle n’est pas envisagée rapidement.

Troisième critère, le budget et le rapport au stress. Pour des candidats très anxieux à l’idée de caler, de rater un démarrage en côte ou de se tromper de rapport, la conduite automatique retire un obstacle majeur. Le fait d’éliminer cette source de tension libère du temps mental pour assimiler les autres exigences du permis. Dans un contexte où les délais de repassage sont importants, éviter un échec lié à la technique de boîte peut représenter un gain de plusieurs mois.

Dans la pratique, de nombreux parcours efficaces s’articulent en trois temps. Le candidat prépare son code de la route, choisit la filière automatique pour limiter le nombre d’heures de conduite payantes, puis valide son permis B78. Il roule quelques mois sur un véhicule automatique, prend confiance, apprend à gérer seul les trajets du quotidien, puis engage la passerelle 7 h en vue d’un changement de poste, d’un achat de véhicule manuel ou d’un projet de voyage nécessitant des locations sur place.

Ce séquençage a un coût global voisin de celui d’une filière manuelle directe, mais réparti différemment. Il peut aussi être optimisé par l’usage de financements comme le CPF pour la formation initiale, à condition de respecter le cadre légal, puis d’autofinancer la passerelle. Chaque situation doit être chiffrée, en confrontant les offres commerciales aux données moyennes disponibles, comme celles détaillées dans les dossiers sur le prix global du permis et son budget.

Dernier point, le projet international. Le permis international n’est qu’une traduction du permis national : il reprend fidèlement la mention du code 78. Un conducteur B78 reste donc limité à la conduite automatique à l’étranger, quelle que soit la langue de son titre de conduite. Dans les pays où la majorité des véhicules de location sont encore manuels, cette contrainte peut peser lourd sur l’organisation des déplacements professionnels ou touristiques.

Entre accélérer la démarche grâce à l’automatique et préserver la polyvalence qu’offre le manuel, la bonne réponse varie d’un candidat à l’autre. L’essentiel est d’assumer une stratégie cohérente : choisir B78 parce qu’il correspond au projet et non par défaut, anticiper la passerelle si la contrainte du code 78 risque de freiner l’évolution, et structurer la formation de façon professionnelle avec une auto-école qui expose clairement ses chiffres et ses méthodes.

Comment reconnaître un permis boîte automatique sur le titre de conduite ?

Un permis boîte automatique se reconnaît à la mention du code 78 dans la colonne réservée aux restrictions, en face de la catégorie B. Ce code signifie que le titulaire est autorisé uniquement à conduire des véhicules à changement de vitesses automatique ou à embrayage automatique. L’aspect général du permis reste identique à celui d’un permis B classique, seule la présence du code 78 fait la différence.

Peut-on passer le permis boîte automatique sans refaire le code de la route ?

Le code de la route reste commun à toutes les catégories de permis B. Si votre épreuve théorique générale a moins de 5 ans au jour de la présentation à l’examen pratique, vous n’avez pas à le repasser pour passer en B78. En revanche, si ce délai est dépassé ou si vous n’avez jamais obtenu le code, il faudra repasser l’ETG avant l’épreuve de conduite automatique.

Est-il légal de conduire une voiture manuelle avec un permis limité à la boîte automatique ?

Conduire une voiture à boîte manuelle avec un permis portant le code 78 est interdit. La situation est assimilée à de la conduite sans la catégorie de permis adaptée, ce qui expose à une amende de 4ᵉ classe, un retrait de points et peut entraîner l’immobilisation du véhicule. En cas d’accident, les conséquences assurantielles peuvent être lourdes. Pour lever cette restriction, il est nécessaire de suivre la formation de passerelle de 7 heures sur boîte manuelle dans une auto-école habilitée.

La formation passerelle de 7 heures peut-elle être financée par le CPF ?

La passerelle de 7 heures B78 vers B est une formation courte et ciblée, qui ne correspond pas toujours aux usages prévus pour le CPF. Le CPF est destiné aux formations en lien direct avec un projet professionnel. Selon les règles rappelées par les organismes gestionnaires, il peut financer une formation initiale au permis B78 lorsqu’elle est justifiée par un besoin professionnel, mais pas un simple changement de type de boîte sans modification de catégorie. Pour un cas personnel, il est préférable de vérifier directement la description de l’action de formation sur la plateforme Mon Compte Formation.

Les compagnies d’assurance proposent-elles des contrats spécifiques pour les permis boîte automatique ?

Les compagnies d’assurance ne commercialisent pas, à ce jour, de formules séparées pour les titulaires d’un permis B78. Les tarifs tiennent compte de critères classiques comme l’âge, l’expérience de conduite, la puissance du véhicule ou l’historique de sinistres, bien plus que du type de boîte. En pratique, un jeune conducteur en B78 sera tarifé de façon comparable à un jeune conducteur en permis B classique, pour un véhicule équivalent.