En bref
- Optimiser les emplacements d’arrêt de bus réduit les temps de trajet, améliore la fréquentation des transports en commun et diminue la congestion routière.
- La conception des infrastructures (quais, abris, accès piétons) conditionne directement l’accessibilité, en particulier pour les personnes à mobilité réduite.
- La signalisation et l’organisation de la voirie autour d’un arrêt influencent fortement la sécurité et la gestion du trafic.
- Les données de mobilité urbaine (validation billettique, GPS, comptages) permettent aujourd’hui une optimisation fine des arrêts existants et des futures implantations.
- Les projets d’aménagement réussis sont ceux qui croisent contraintes techniques, cadre réglementaire et usage réel des usagers sur le terrain.
Optimisation des emplacements d’arrêt de bus dans la mobilité urbaine
Un arrêt de bus ne se résume pas à un simple panneau planté sur un trottoir. Chaque emplacement influence la durée du trajet, la sécurité des piétons, la fluidité de la circulation et l’image globale des transports en commun. Quand un réseau cherche à gagner quelques minutes sur une ligne, la première question à traiter concerne la position, le nombre et la qualité des arrêts.
Les études récentes de mobilité urbaine en France montrent qu’un espacement moyen de 300 à 400 mètres entre deux arrêts en zone dense offre un compromis acceptable entre accessibilité à pied et vitesse commerciale. En dessous, le bus s’arrête trop souvent, les temps de parcours s’allongent et la ponctualité devient difficile à tenir. Au-delà de 400 à 500 mètres, les personnes âgées, les enfants ou les usagers chargés renoncent plus facilement au bus, surtout par mauvais temps.
L’optimisation d’un arrêt commence donc par une analyse simple : qui l’utilise, à quelles heures, pour aller où. Une zone de collèges et lycées supporte un espacement plus serré, car les flux de montée/descente sont élevés et concentrés dans le temps. Un axe plutôt résidentiel et plat peut tolérer des distances plus longues, surtout si d’autres modes (vélo, trottinettes, marche) sont bien développés. La topographie compte également : sur une montée raide, un arrêt tous les 250 à 300 mètres reste cohérent pour ne pas dissuader les piétons.
Le positionnement précis par rapport aux carrefours joue un rôle décisif. Un arrêt placé en amont d’un feu oblige le bus à s’arrêter deux fois : une fois pour les passagers, une fois au feu rouge. En le décalant en aval, le bus passe le feu, s’arrête une seule fois et repart dès que les portes sont fermées. De nombreuses collectivités ayant appliqué cette règle simple ont gagné jusqu’à 5 à 10 % de vitesse commerciale sur certaines lignes, sans modifier le nombre d’arrêts ni la fréquence.
Les contraintes de sécurité imposent en parallèle de ne pas sacrifier la visibilité. Placer un arrêt juste après un virage, caché par des véhicules stationnés, augmente le risque de collision au moment où le bus se rabat. Une optimisation cohérente intègre donc les angles de vue, les distances de freinage et les limitations de vitesse locales. Sur les routes périurbaines ou interurbaines, la logique change encore : la vitesse plus élevée oblige à travailler davantage la longueur des voies de décélération et de réinsertion du bus.
À l’échelle d’un réseau, la rationalisation des points d’arrêt peut aussi libérer des minutes qui se transforment en fréquence accrue. Supprimer 2 à 3 arrêts peu utilisés sur une ligne de 10 km, tout en améliorant les cheminements piétons vers les arrêts restants, permet parfois de passer de 15 à 12 minutes de temps de parcours. Sur une journée, ce gain se traduit par une rotation supplémentaire avec le même nombre de bus, donc un service plus attractif sans budget d’exploitation supplémentaire.
La priorité donnée aux bus au moment de quitter leur arrêt, notamment en agglomération, doit enfin être intégrée dès la conception. Les automobilistes doivent clairement percevoir que le bus va se réinsérer. Une optimisation réussie d’emplacement ne se limite pas à un point sur un plan ; elle anticipe la manière dont chaque conducteur, piéton et cycliste va réagir autour de ce point.

Conception des infrastructures d’arrêt de bus : quais, abris et accessibilité
Une fois l’emplacement choisi, la qualité des infrastructures fait la différence entre un arrêt utilisé et un arrêt évité. Un simple marquage au sol peut suffire sur une halte interurbaine peu fréquentée, mais en zone urbaine dense, le niveau d’aménagement attendu par les usagers a fortement augmenté depuis dix ans. L’accessibilité, la protection contre les intempéries et la lisibilité du lieu pèsent directement sur la fréquentation.
La majorité des points d’arrêt récents sont conçus avec un quai surélevé, pour réduire l’écart entre le plancher du bus (souvent surbaissé) et le trottoir. Cette surélévation, encadrée par des recommandations techniques nationales, facilite l’accès des personnes en fauteuil roulant, des parents avec poussette et des voyageurs chargés de bagages. Un quai trop bas oblige à un grand pas, parfois dangereux sur sol mouillé. Un quai trop haut provoque des contacts entre la carrosserie et le bord du trottoir et complique l’accostage.
La largeur de l’espace d’attente conditionne également le confort. Sur un axe avec une fréquentation de pointe supérieure à 50 voyageurs par bus, un trottoir étroit rapidement saturé devient un facteur de risque : piétons à proximité immédiate de la chaussée, flux croisés pour la montée et la descente, conflits avec les vélos en cas de piste cyclable longeant l’arrêt. Les recommandations techniques récentes prévoient généralement au moins 2,50 m à 3 m de largeur utile dans ces configurations, voire davantage aux terminus.
Le choix entre un simple poteau d’arrêt, une aubette vitrée et un abribus complet avec assises dépend du contexte. Pour un arrêt desservi toutes les 5 minutes en heure de pointe, exposé au vent et à la pluie, l’absence d’abri envoie un signal très clair à l’usager : son temps n’est pas considéré. À l’inverse, équiper systématiquement chaque halte rurale d’un mobilier coûteux et peu utilisé ne se justifie pas. L’optimisation passe ici par un tri raisonné, fondé sur la fréquentation observée, les contraintes climatiques locales et la durée d’attente moyenne.
L’accessibilité ne se limite pas au quai lui-même. Les cheminements piétons jusqu’à l’arrêt doivent être praticables, continus, sans ressaut ni obstacle. Un arrêt accessible en théorie, mais relié par un trottoir dégradé ou un passage piéton mal positionné, reste discriminant. Les abords immédiats doivent offrir un éclairage correct, une surface antidérapante et des informations lisibles. La présence d’un plan de ligne, d’une grille horaire ou d’un affichage en temps réel rassure l’usager, surtout en soirée.
Les équipements modernes intègrent de plus en plus des dispositifs électroniques. Certains arrêts disposent de bornes indiquant le temps d’attente en temps réel, grâce à la remontée des données GPS des bus. Sur les grands corridors de transports en commun, des panneaux dynamiques permettent aussi de signaler des perturbations ou des déviations. L’alimentation électrique de ces équipements, leur maintenance et la protection contre le vandalisme doivent être pensés dès la phase de conception.
Sur des axes à forte fréquentation, la question de la protection contre les intempéries se pose de manière particulière. Dans des villes très chaudes, certains réseaux ont expérimenté des abribus fermés et climatisés, avec parfois un accès Wi-Fi. En France, les enjeux énergétiques et climatiques invitent plutôt à privilégier la ventilation naturelle, les matériaux résistants et des toitures bien dimensionnées. L’objectif reste le même : rendre l’attente supportable, que ce soit sous une averse ou sous le soleil, sans transformer l’abri en serre.
Chaque détail d’infrastructure joue un rôle sur la capacité de l’arrêt à absorber les flux sans générer de conflits. La hauteur de l’abri, l’emplacement des assises, l’ouverture pour la montée et la descente, ou encore l’implantation des panneaux d’information doivent être pensés comme un ensemble cohérent. Un arrêt bien conçu se repère facilement, se comprend en quelques secondes et permet à chacun de patienter et de monter dans le bus sans gêne ni danger.
Signalisation, sécurité et gestion du trafic autour des arrêts de bus
L’arrêt de bus fait coexister piétons, cyclistes, automobilistes et conducteurs de bus sur quelques dizaines de mètres. Une optimisation sérieuse ne peut ignorer la signalisation et la gestion du trafic, sous peine de transformer ce point d’échange en zone de conflits permanents. Les marquages au sol, les panneaux, la géométrie de la voirie et les règles de priorité doivent former un ensemble lisible.
Sur la chaussée, la zone d’arrêt réservée aux autobus est généralement matérialisée par un marquage spécifique, souvent en zigzag jaune ou en espace clairement identifié, afin de dissuader le stationnement abusif. Cette interdiction n’est pas symbolique. Stationner un véhicule sur un arrêt de bus constitue un stationnement très gênant, sanctionné par une contravention de 4e classe au sens du Code de la route, avec une amende forfaitaire de 135 € et, dans certains cas, une mise en fourrière. L’objectif n’est pas de remplir les caisses de la collectivité, mais de garantir que le bus puisse accoster correctement.
Un bus qui ne peut pas se coller au trottoir oblige les passagers à descendre sur la chaussée. Ce simple défaut d’optimisation multiplie les risques de chute, surtout pour les personnes âgées ou les enfants. Il ralentit aussi la circulation, car le bus reste plus longtemps en travers de la voie pour laisser monter et descendre les voyageurs. La bonne utilisation de la zone réservée, combinée à un contrôle régulier, fait donc partie intégrante de la sécurité globale.
La position de l’arrêt par rapport aux carrefours, aux passages piétons et aux pistes cyclables influe sur la gestion du trafic. Un arrêt fusionné avec un plateau traversant peut simultanément ralentir les véhicules, sécuriser la traversée des piétons et faciliter l’accès au bus. À l’inverse, placer un arrêt juste après un passage piéton mal visible impose au conducteur de bus une vigilance extrême pour anticiper les traversées tardives.
La priorité accordée aux bus lors de leur départ d’arrêt diffère suivant le type de voirie. En agglomération, la règle reconnaît généralement une priorité spécifique aux autobus qui signalent leur intention de repartir, précisément pour ne pas pénaliser les transports en commun dans un trafic déjà dense. Sur les routes rurales plus rapides, l’application stricte de cette priorité serait dangereuse ; les conducteurs doivent s’assurer que la manœuvre de réinsertion ne crée pas de risque avec les véhicules arrivant à vitesse plus élevée. Cette différence justifie des choix d’aménagement adaptés à chaque environnement.
Pour les autorités organisatrices, l’optimisation passe souvent par un mélange de mesures légères et d’aménagements plus lourds. Parmi les mesures légères, on trouve par exemple la pose de potelets pour protéger la zone d’arrêt, la modification de quelques places de stationnement ou la réorganisation de la signalisation de rabattement des véhicules particuliers. Les solutions plus lourdes incluent la création de quais avancés, la modification du profil de la chaussée ou la mise en place de voies réservées aux bus sur certaines sections.
Les outils numériques aident aujourd’hui à objectiver ces choix. L’analyse de la vitesse moyenne des bus, des arrêts prolongés, des freinages brusques et des temps d’attente au feu permet d’identifier précisément les zones problématiques. Un arrêt provoquant régulièrement des ralentissements importants mérite un diagnostic de terrain : voiture mal garée, visibilité insuffisante, feu mal calé, ou quai sous-dimensionné. L’ajustement d’un cycle de feu ou le déplacement de quelques mètres d’un arrêt peuvent suffire à résorber des bouchons récurrents.
Un arrêt bien inséré dans la gestion du trafic se reconnaît à la manière dont les flux s’organisent naturellement. Les bus accostent sans manœuvres compliquées, les piétons traversent en un temps raisonnable, les cyclistes ne se retrouvent pas coincés entre le bus et le trottoir, et les voitures comprennent immédiatement où elles peuvent circuler ou se garer. La signalisation ne remplace pas le bon sens, mais elle doit le soutenir, pas le contredire.
Données, analyse et outils pour l’optimisation des arrêts de bus
Les réseaux de transports en commun disposent aujourd’hui d’un volume de données qui n’existait pas il y a vingt ans. Chaque validation de titre, chaque position GPS, chaque remontée d’exploitation fournit des éléments précieux pour revoir la localisation et les infrastructures d’un arrêt de bus. L’enjeu consiste à passer d’une logique de « ressenti » à une démarche structurée, chiffrée, avec des décisions motivées.
Les informations les plus utilisées concernent les montées et descentes par arrêt, par créneau horaire. Un arrêt avec peu de montées mais beaucoup de descentes en soirée ne raconte pas la même histoire qu’un arrêt massif en heure de pointe du matin. Croiser ces données avec des éléments de contexte (présence d’un lycée, d’un pôle de santé, d’un centre commercial) aide à comprendre les usages réels et à planifier les améliorations.
Les données de localisation des bus permettent d’identifier les zones où les véhicules roulent très lentement ou restent bloqués à proximité des arrêts. Un arrêt provoquant systématiquement des ralentissements au-delà de ce qui est nécessaire à la montée/descente mérite une étude spécifique. Il peut s’agir d’un emplacement mal choisi, d’un manque de capacité du quai ou d’un conflit avec un passage piéton ou une voie cyclable. Les outils de cartographie et de simulation reproduisent ces situations pour tester différents scénarios.
De plus en plus d’autorités organisatrices s’appuient sur des logiciels capables de proposer des scénarios d’optimisation automatiques : suppression de certains arrêts, déplacement de quelques dizaines de mètres, modification de l’espacement moyen. Ces scénarios sont ensuite confrontés à la réalité du terrain, avec des visites, des mesures de flux piétons et des échanges avec les riverains. La technologie fournit une base de réflexion ; la validation se fait toujours sur place.
Les enquêtes auprès des usagers restent, elles aussi, une source clé. Un arrêt peut être très fréquenté mais régulièrement critiqué pour son manque de sécurité ou son inconfort. Des questionnaires en ligne, des ateliers de quartier ou des observations directes permettent de repérer les problèmes qui ne ressortent pas dans les statistiques brutes : absence d’éclairage, bruit, ressenti d’insécurité, zone de stationnement sauvage récurrente.
Pour comparer plusieurs variantes d’aménagement ou de localisation, certains réseaux établissent des grilles d’évaluation intégrant plusieurs critères. Un exemple de synthèse peut prendre la forme suivante.
| Scénario | Accessibilité piétonne | Impact sur la sécurité | Effet sur la vitesse des bus | Coût estimé d’aménagement |
|---|---|---|---|---|
| Maintien de l’arrêt actuel | Moyenne (trottoirs étroits) | Risque lié au stationnement sauvage | Temps de parcours inchangé | Faible (entretien courant) |
| Déplacement de 50 m en aval | Bonne (cheminement plus direct) | Amélioration de la visibilité | Gain de 30 s par trajet | Moyen (reprise trottoir + marquage) |
| Fusion avec l’arrêt voisin | Moins bonne pour une partie des usagers | Quai plus large, conflits réduits | Gain d’environ 1 min par trajet | Élevé (création abribus + quai) |
Un tel tableau ne remplace pas la décision politique, mais il permet de la cadrer. Les responsables doivent arbitrer entre confort de proximité pour certains usagers, amélioration globale de la performance et contraintes budgétaires. Rendre ces arbitrages transparents renforce l’acceptabilité des modifications, surtout lorsqu’un arrêt de bus disparaît ou se déplace.
Dans plusieurs grandes métropoles, les opérations de restructuration de réseau ont montré que l’optimisation des arrêts, combinée à une hausse de fréquence, augmente la fréquentation de 10 à 20 % sur deux à trois ans. Les usagers acceptent de marcher un peu plus si le service est plus régulier et plus rapide. L’analyse de données permet de dimensionner cette marche supplémentaire sans exclure les publics les plus fragiles.
L’enjeu, pour les années à venir, sera d’intégrer encore davantage les données issues d’autres acteurs de la mobilité urbaine : vélos en libre-service, parkings relais, services d’auto-partage, voire flottes de véhicules de livraison. Les arrêts de bus deviennent des nœuds d’un système complet, et leur optimisation dépasse largement le seul périmètre du réseau de transport.
Coordination avec la voirie et les autres modes de transports en commun
Un arrêt de bus isolé, pensé uniquement comme un point d’embarquement, fonctionne rarement bien. La réussite d’un aménagement repose sur la coordination avec la voirie, les pistes cyclables, les passages piétons, les stations de tram ou de métro, et parfois avec des pôles d’échanges plus complexes. L’objectif reste le même : limiter les ruptures de charge et rendre le changement de mode fluide.
La cohabitation avec les vélos reste un sujet sensible. Les trottoirs-bus, les arrêts surélevés ou les quais en avancée interagissent directement avec les aménagements cyclables. Certaines configurations imposent aux cyclistes de passer derrière l’abri, avec une traversée piétonne clairement marquée. D’autres invitent le cycliste à se placer derrière le bus à l’arrêt. Chaque choix a des conséquences en termes de sécurité et de ressenti ; il doit être testé, expliqué et évalué.
Lorsque l’arrêt se situe à proximité d’un carrefour structurant, la question de la priorité se pose aussi entre plusieurs lignes de transports en commun. L’arrivée d’un tramway ou d’un bus à haut niveau de service peut nécessiter la réorganisation de tout un secteur : suppression de certains arrêts de bus, repositionnement des quais, création d’itinéraires piétons directs entre les modes. Le but consiste à offrir un vrai pôle d’échanges, pas un simple empilement de quais et de panneaux.
Dans les zones périurbaines, la coordination entre arrêt de bus et voirie prend une autre dimension. L’arrêt peut se situer sur une voie rapide ou une bretelle d’accès, avec des vitesses élevées et des marges de manœuvre réduites. Les guides techniques nationaux traitent précisément de ces cas, en recommandant des aménagements hors de la chaussée principale, avec des îlots de protection, des refuges pour piétons et des accès sécurisés depuis les parkings relais ou les quartiers voisins.
La question du stationnement autour des arrêts mérite aussi une attention particulière. Un pôle bus bien conçu, mais cerné de stationnement anarchique, se dégrade rapidement. Les automobilistes cherchant à se rapprocher au plus près montent parfois sur les trottoirs, masquent la visibilité ou coupent les cheminements piétons. Une politique claire de stationnement, avec des zones dédiées, des contrôles réguliers et, si nécessaire, des aménagements physiques (bordures, îlots, potelets), protège à la fois l’arrêt et ses usagers.
Les points d’arrêt de bus sont enfin des portes d’entrée vers les autres services publics. Lorsqu’un arrêt est placé en face d’un collège, d’un centre hospitalier ou d’un grand équipement sportif, la coordination avec la structure voisine facilite les flux : horaires adaptés, cheminements sécurisés, gestion commune des accès. Dans certains cas, une légère modification de la voirie de desserte interne d’un site permet d’éviter des traversées dangereuses ou des demi-tours compliqués de bus.
La réussite d’un projet d’optimisation repose souvent sur un détail qui semble secondaire au départ : un passage piéton avancé, un éclairement renforcé, un abri reculé de quelques mètres pour dégager la visibilité, une bande guidant les personnes malvoyantes. C’est cette coordination fine, entre emplacements, infrastructures et voirie, qui transforme un arrêt de bus théoriquement correct en maillon solide d’un réseau de mobilité urbaine.
Usages, comportements et futures évolutions des arrêts de bus
Les arrêts de bus sont des lieux de passage, mais aussi des espaces de vie quotidienne. Ils reflètent les usages de la ville, les habitudes de déplacement et les attentes envers les transports en commun. Comprendre ces comportements permet d’anticiper les évolutions nécessaires des emplacements et des infrastructures.
Les observations de terrain montrent par exemple que les usagers ne se positionnent pas de manière aléatoire. Ils se regroupent généralement à proximité de la porte de montée principale, évitent les zones exposées au vent ou proches d’une chaussée très circulée, et recherchent instinctivement les endroits les mieux éclairés en soirée. Un abribus mal orienté par rapport aux vents dominants restera partiellement vide, même en cas de pluie, parce que l’air s’y engouffre. Un abri un peu en retrait, protégé du flux routier, sera naturellement privilégié.
Ces comportements influencent aussi les questions de sécurité. Si la zone d’attente confortable se trouve trop près du bord du trottoir, certains voyageurs, notamment les enfants, restent au plus près de la chaussée. Repenser la disposition des sièges, la profondeur de l’abri ou la localisation du panneau d’information peut ramener les usagers légèrement en retrait, sans qu’ils aient l’impression de perdre en confort.
Les prochaines années devraient voir se généraliser des arrêts davantage connectés. Affichage en temps réel, informations sonores pour les personnes malvoyantes, bornes de recharge pour certains équipements, voire capteurs mesurant la fréquentation sont déjà expérimentés dans plusieurs grandes villes. L’optimisation ne se jouera plus uniquement sur l’emplacement physique, mais aussi sur la capacité à fournir la bonne information au bon moment.
La montée en puissance des services à la demande, des navettes autonomes et des nouvelles formes de mobilité va également rebattre les cartes. Certains arrêts de bus pourraient devenir des points de rendez-vous multimodaux, où coexistent une desserte régulière, un service de transport à la demande, des vélos partagés et des bornes de covoiturage. L’implantation devra anticiper ces usages mixtes, avec davantage d’espace et une signalétique claire pour éviter la confusion.
Les collectivités qui anticipent ces évolutions réservent déjà des marges de manœuvre autour de leurs principaux arrêts. Un quai dimensionné un peu plus large, une réserve foncière pour un futur abri plus grand, une préparation de réseaux (électricité, données) pour des équipements connectés permettent d’ajuster le niveau d’aménagement sans tout reconstruire. La logique passe de l’arrêt figé à l’arrêt évolutif.
Pour vous, comme conducteur ou futur conducteur, ces choix techniques ont des conséquences concrètes. Un arrêt bien placé et bien conçu limite les manœuvres délicates à proximité des bus, clarifie les priorités et réduit les situations ambiguës. Vous identifiez mieux la zone interdite au stationnement, vous percevez plus tôt les passagers susceptibles de traverser, et vous intégrez plus facilement la présence du bus dans votre gestion du trafic. La qualité de l’arrêt influence donc autant la vie des usagers que celle des automobilistes qui le croisent au quotidien.
Au final, l’optimisation des emplacements et des infrastructures d’arrêt de bus se joue autant sur la technique que sur l’observation fine des comportements. Les décisions les plus efficaces sont celles qui articulent texte réglementaire, contraintes de voirie, données de fréquentation et réalité vécue à l’arrêt, du premier bus du matin au dernier passage nocturne.
Comment repérer une zone réservée à l’arrêt de bus en tant que conducteur ?
La zone réservée à l’arrêt de bus est généralement matérialisée par un marquage au sol spécifique, souvent en zigzag jaune ou en espace clairement identifié, parfois complété par le mot BUS. Elle se situe à hauteur d’un poteau ou d’un abribus portant le nom de l’arrêt et, dans certains cas, un panneau d’indication d’arrêt d’autobus. Stationner dans cette zone est interdit et fortement sanctionné, même pour un arrêt momentané.
Pourquoi les bus semblent-ils parfois prioritaires en quittant leur arrêt en ville ?
En agglomération, le Code de la route prévoit une priorité spécifique aux autobus qui signalent clairement leur intention de repartir depuis un arrêt, pour favoriser les transports en commun dans un trafic dense. Les conducteurs doivent donc adapter leur comportement en laissant au bus la possibilité de se réinsérer, dès lors qu’il a actionné son clignotant et amorcé sa manœuvre, tout en gardant une marge de sécurité suffisante.
Que risque un automobiliste qui se gare sur un arrêt de bus ?
Se garer sur un arrêt de bus constitue un stationnement très gênant. Cette infraction est sanctionnée par une contravention de 4e classe, soit une amende forfaitaire de 135 €, sans retrait de points, avec un risque réel de mise en fourrière du véhicule. Au-delà de la sanction, le véhicule gêne l’accostage du bus et met en danger les voyageurs contraints de monter ou descendre sur la chaussée.
Pourquoi certains arrêts de bus sont-ils rapprochés et d’autres plus espacés ?
L’espacement des arrêts dépend du contexte urbain, de la topographie et de la fréquentation. En zone dense, on vise souvent 300 à 400 mètres entre deux arrêts pour limiter la marche à pied, surtout pour les publics fragiles. Sur des axes plus rapides ou moins fréquentés, l’intervalle peut être plus grand afin de réduire le nombre d’arrêts et d’améliorer la vitesse de la ligne. Les autorités s’appuient sur des données de montée/descente et des études de mobilité pour ajuster cet espacement.
Comment les données de fréquentation servent-elles à améliorer les arrêts ?
Les validations de titres et les données GPS des bus permettent de connaître précisément le nombre de montées et de descentes à chaque arrêt, par heure et par jour. En repérant les arrêts très peu utilisés, ceux qui provoquent des ralentissements anormaux ou ceux où les temps de montée/descente sont longs, les gestionnaires peuvent décider de les déplacer, de les fusionner, de les mieux aménager ou, dans certains cas, de les supprimer, pour obtenir un réseau plus lisible, plus rapide et plus confortable.